**n°22**PREMIER SERMON DANS LA SYNAGOGUE...suite...

    **n°22**PREMIER SERMON DANS LA SYNAGOGUE...suite...
PREMIER SERMON DANS LA SYNAGOGUE

À partir de son quinzième anniversaire, Jésus pouvait officiellement occuper la chaire de la synagogue le jour du sabbat. Maintes fois auparavant, en l'absence d'orateurs, on avait demandé à Jésus de lire les Écritures, mais maintenant le jour était venu où la loi lui permettait de conduire le service. C'est pourquoi, au premier sabbat après l'anniversaire de ses quinze ans, le chazan s'arrangea pour que Jésus dirigeât le service matinal de la synagogue. Lorsque tous les fidèles de Nazareth furent assemblés, le jeune homme, ayant choisi ses textes dans les Écritures, se leva et commença à lire :

L'esprit du Seigneur Dieu est sur moi, car le Seigneur m'a oint, il m'a envoyé pour porter de bonnes nouvelles aux débonnaires pour panser ceux qui ont le coeur brisé, pour annoncer aux captifs la délivrance et affranchir les prisonniers spirituels ; pour proclamer l'année de grâce et le jour de jugement de notre Dieu pour consoler tous les affligés et leur donner la beauté au lieu de la cendre, l'huile de joie au lieu du deuil et un chant de louanges au lieu d'un esprit abattu, afin qu'on les appelle arbres de droiture, plantés par le Seigneur et destinés à le glorifier.

Recherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez et qu'ainsi le Seigneur, le Dieu des Armées, soit avec vous. Haïssez le mal et aimez le bien ; établissez le jugement à la porte. Peut-être le Seigneur Dieu usera-t-il de grâce envers les restes de Joseph.

Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez la méchanceté de vos actions de devant mes yeux, cessez de faire le mal et apprenez à faire le bien ; recherchez la justice, soulagez l'opprimé ; défendez celui qui n'a plus de père et plaidez la cause de la veuve.

Avec quoi me présenterai-je devant le Seigneur pour m'incliner devant le Dieu de toute la terre ? Devrai-je venir devant lui avec des holocaustes, avec des veaux d'un an ? Le Seigneur prendra-t-il plaisir à des milliers de béliers, à des dizaines de milliers de moutons ou à des fleuves d'huile ? Donnerai-je mon premier-né pour ma transgression, le fruit de mon corps pour le péché de mon âme ? Non, car le Seigneur nous a montré, ô hommes, ce qui est bon. Qu'est-ce que le Seigneur vous réclame sinon d'être justes, d'aimer la miséricorde et de marcher humblement avec votre Dieu ?

À qui donc alors comparerez-vous Dieu qui domine l'orbite de la terre ? Levez les yeux et voyez qui a créé tous ces mondes, qui produit leurs légions par nombre et les appelle tous par leur nom. Il fait toutes ces choses grâce à la grandeur de sa puissance ; à cause de la force de son pouvoir, nul ne fait défaut. Il donne de la vigueur aux faibles et accroit la force de ceux qui sont fatigués. N'ayez pas peur, car je suis avec vous ; ne craignez rien, car je suis votre Dieu. Je vous fortifierai et je vous aiderai ; oui, je vous soutiendrai avec la main droite de ma justice, car je suis le Seigneur votre Dieu. Et je tiendrai votre main droite en vous disant : ne craignez rien, car je vous aiderai.

Tu es mon Témoin, dit le Seigneur, et mon serviteur que j'ai choisi afin que tous puissent me connaître et me croire et comprendre que je suis l'Éternel. Moi, oui moi, je suis le Seigneur, et hors de moi il n'y a point de Sauveur. ”

Lorsqu'il eut terminé cette lecture, il s'assit, et les fidèles rentrèrent chez eux, méditant les paroles qu'il leur avait lues avec tant de grâce. Jamais ses concitoyens ne l'avaient vu si magnifiquement solennel ; jamais ils ne l'avaient entendu parler d'une voix aussi sérieuse et sincère ; jamais ils ne l'avaient vu si viril, si décidé et si plein d'autorité.

Cet après-midi de sabbat, Jésus gravit avec Jacques la colline de Nazareth et, quand ils furent de retour à la maison, il écrivit les Dix Commandements en grec, au fusain, sur deux panneaux de bois poli. Plus tard, Marthe coloria et décora ces tableaux, et pendant longtemps ils furent suspendu au mur au-dessus du petit établi de Jacques.

LA LUTTE FINANCIÈRE

Peu à peu, Jésus et sa famille retournèrent à la vie rustique de leurs premières années. Leurs vêtements et même leur nourriture se simplifièrent. Ils avaient en abondance du lait, du beurre et du fromage. Suivant la saison, ils profitaient des produits de leur jardin, mais chaque mois qui s'écoulait les obligeait à pratiquer une plus grande frugalité. Leur déjeuner était très simple ; leur meilleure nourriture était réservée pour le repas du soir. Toutefois, parmi ces Juifs, le manque de fortune n'impliquait pas une infériorité sociale.

Déjà le jeune homme avait à peu près cerné les modes de vie des hommes de son temps. Ses enseignements ultérieurs montrent à quel point il comprenait bien la vie au foyer, aux champs et à l'atelier ; ils révèlent pleinement ses contacts intimes avec toutes les phases de l'expérience humaine.

Le chazan de Nazareth continuait à s'attacher à la croyance que Jésus était destiné à devenir un grand éducateur, probablement le successeur du célèbre Gamaliel à Jérusalem.

Tous les plans de Jésus pour sa carrière furent apparemment contrecarrés. À la façon dont les évènements se présentaient, l'avenir ne paraissait pas brillant. Pourtant Jésus ne vacilla pas et ne se découragea pas. Il continua à vivre au jour le jour, remplissant bien son devoir quotidien et s'acquittant fidèlement des responsabilités immédiates de sa position dans la société. La vie de Jésus est la consolation éternelle de tous les idéalistes déçus.

Le salaire d'un charpentier ordinaire travaillant à la journée diminuait lentement. À la fin de cette année, en travaillant tôt le matin et tard le soir, Jésus ne pouvait gagner que l'équivalent d'un quart de dollar par jour. L'année suivante, ils trouvèrent difficile de payer les impôts civils, sans parler des cotisations à la synagogue et de la taxe d'un demi sicle pour le temple. Au cours de cette année, le percepteur essaya d'extorquer à Jésus un revenu supplémentaire et menaça même de saisir sa harpe.

Craignant que l'exemplaire des Écritures grecques ne fût découvert et confisqué par les collecteurs d'impôts, Jésus le donna, le jour de son quinzième anniversaire, à la bibliothèque de la synagogue, comme offrande au Seigneur à l'occasion de sa maturité.

Le grand choc de sa quinzième année eut lieu quand Jésus alla à Sepphoris pour apprendre la décision d'Hérode au sujet de l'appel interjeté auprès du tétrarque dans la contestation sur le montant de la somme due à Joseph au moment de sa mort accidentelle. Jésus et Marie avaient espéré recevoir une grosse somme, mais le trésorier de Sepphoris leur avait offert un montant dérisoire. Les frères de Joseph avaient fait appel à Hérode lui-même, et maintenant Jésus était au palais et entendit Hérode décréter que l'on ne devait rien à son père au moment de sa mort. À cause de cette décision si injuste, Jésus n'eut jamais plus confiance en Hérode Antipas. Il n'est pas surprenant qu'il ait fait une fois allusion à “ ce renard ”.

Cette année-là et les années suivantes, le travail assidu à l'établi du charpentier priva Jésus des occasions de se mêler aux voyageurs des caravanes. Le magasin d'approvisionnement de la famille avait déjà été repris par son oncle, et Jésus travaillait tout le temps dans l'atelier de la maison où il était à proximité pour aider Marie dans la vie familiale. C'est à cette époque qu'il commença à envoyer Jacques au caravansérail pour recueillir des renseignements sur les évènements mondiaux ; il cherchait ainsi à se tenir au courant des nouvelles du jour.

Au cours de sa croissance vers l'âge adulte, il passa par les mêmes conflits et incertitudes que les jeunes gens de tous les temps. La rigoureuse expérience d'avoir à entretenir sa famille était une sûre sauvegarde contre la possibilité de disposer de trop de temps libre à consacrer à des méditations oisives ou pour s'adonner à des tendances mystiques.

Ce fut l'année où Jésus loua, juste au nord de leur maison, une grande pièce de terre et la divisa en potagers familiaux. Chacun des ainés avait un jardin individuel, et ils se firent une vive concurrence dans leurs efforts agricoles. Durant la saison de culture des légumes, leur frère ainé passa chaque jour quelque temps avec eux dans le jardin. Pendant que Jésus travaillait au jardin avec ses jeunes frères et soeurs, il caressa plusieurs fois l'idée qu'ils pourraient tous habiter une ferme à la campagne, où ils gouteraient l'indépendance d'une vie libre ; mais il se trouva qu'ils ne grandirent pas à la campagne, et Jésus, qui était un adolescent tout à fait pratique aussi bien qu'un idéaliste, attaqua intelligemment et énergiquement son problème tel qu'il se présentait. Il fit tout ce qui était en son pouvoir pour s'adapter avec sa famille, aux réalités de la situation, et pour ajuster leur condition à la plus grande satisfaction possible de leurs désirs individuels et collectifs.

À un moment donné, Jésus avait faiblement espéré, à condition de toucher la somme considérable due à son père pour les travaux exécutés au palais d'Hérode, qu'il serait capable de réunir les ressources suffisantes pour justifier la tentative d'achat d'une petite ferme. Il avait très sérieusement envisagé le plan d'installer sa famille à la campagne, mais, quand Hérode refusa de leur payer quoi que ce soit sur les sommes dues à Joseph, ils abandonnèrent l'espoir de posséder un foyer à la campagne. En fait, ils trouvèrent le moyen de bénéficier d'une bonne part de l'expérience de la vie à la ferme, ayant maintenant trois vaches, quatre moutons, une foule de poussins, un âne et un chien, sans compter les pigeons. Même les bambins avaient leurs tâches régulières à accomplir dans le plan d'organisation bien réglé qui caractérisait la vie familiale dans ce foyer de Nazareth.

À la fin de sa quinzième année, Jésus acheva de traverser une dangereuse et difficile période de l'existence humaine, cette époque de transition entre les années du contentement relatif de l'enfance et la conscience de la virilité approchante avec ses responsabilités croissantes et ses occasions d'acquérir une plus grande expérience dans le développement d'un noble caractère. La période de croissance mentale et physique avait pris fin, et maintenant commençait la vraie carrière de ce jeune homme de Nazareth.
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# Posté le samedi 09 février 2008 16:09

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:56

**n°23**Les Années d'Adolescence...suite...

    **n°23**Les Années d'Adolescence...suite...


Au seuil de son adolescence, Jésus se trouva être le chef et l'unique soutien d'une nombreuse famille. Peu d'années après la mort de son père, toutes leurs propriétés avaient été vendues. À mesure que le temps passait, il prit de plus en plus conscience de sa préexistence ; en même temps, il commença à comprendre plus pleinement qu'il s'était incarné sur terre expressément dans le but de révéler son Père du Paradis aux enfants des hommes.

Nul adolescent, qui a vécu ou qui vivra sur ce monde ou sur n'importe quel autre planète, n'a eu ou n'aura jamais à résoudre des problèmes plus graves ou à démêler des difficultés plus complexes. Nul jeune d'Urantia ne sera jamais appelé à traverser plus de conflits éprouvants ou de situations pénibles que Jésus durant la période ardue allant de sa quinzième à sa vingtième année.

Ayant ainsi connu l'expérience effective de vivre cette adolescence sur un monde assailli par le mal et tourmenté par le péché, le Fils de l'Homme acquit la connaissance expérientielle complète de la vie de la jeunesse dans tous les royaumes de Nébadon. Il devint ainsi, pour toujours, le refuge compréhensif des adolescents angoissés et perplexes de tous les âges et sur tous les mondes de l'univers local.

Lentement mais sûrement, et par expérience effective, le Fils divin gagne le droit de devenir le souverain de son univers, le chef suprême et incontesté de toutes les intelligences créées sur tous les mondes de l'univers local, le refuge compréhensif des êtres de tous âges, quels que soient leurs dons et le degré de leur expérience personnelle.

. LA SEIZIÈME ANNÉE (AN 10)

Le Fils incarné passa par le stade de bébé et eut une enfance sans histoire. Il sortit ensuite de l'éprouvante et pénible période de transition entre l'enfance et la jeunesse — il devint le Jésus adolescent.

Il atteignit sa pleine stature physique cette année-là. Il était un jeune homme viril et avenant. Il devint de plus en plus posé et sérieux, mais restait aimable et compatissant. Ses yeux étaient bienveillants, mais scrutateurs ; son sourire était toujours engageant et rassurant. Sa voix était musicale, mais pleine d'autorité ; son accueil cordial, mais sans affectation. En toute occasion, même lors de contacts les plus ordinaires, il semblait que se manifestait de façon sensible une double nature : la nature humaine et la nature divine. Il montra toujours cette conjugaison de l'ami compatissant et du maitre ayant autorité. Ces traits de sa personnalité commencèrent à se manifester de bonne heure, même dans son adolescence.

Ce jeune homme physiquement fort et robuste acquit également la pleine mesure de son intellect humain, non la pleine expérience de la pensée humaine, mais la pleine aptitude à un tel développement intellectuel. Il avait un corps sain et bien proportionné, un mental vif et analytique, des dispositions bienveillantes et compatissantes, un tempérament quelque peu fluctuant, mais dynamique. Cet ensemble commençait à composer une personnalité forte, frappante et attirante.

Avec le temps, il devint de plus en plus difficile à sa mère et à ses frères et soeurs de le comprendre ; ses paroles étaient pour eux des pierres d'achoppement, et ils interprétaient mal ses agissements. Ils étaient tous inaptes à comprendre la vie de leur frère ainé, parce que leur mère leur avait donné à entendre qu'il était destiné à devenir le libérateur du peuple juif. Après avoir reçu ces indications de Marie comme des secrets de famille, imaginez leur désarroi quand Jésus démentait franchement toutes ces idées et ces intentions.

Simon entra à l'école cette année-là, et la famille fut obligée de vendre une autre maison. Jacques se chargea alors d'instruire ses trois soeurs, dont deux étaient assez âgées pour commencer à étudier sérieusement. Aussitôt que Ruth eut grandi, elle fut prise en main par Miriam et Marthe. Ordinairement les filles des familles juives recevaient peu d'instruction, mais Jésus maintenait (et sa mère était d'accord avec lui) que les filles devaient aller en classe comme les garçons ; puisque l'école de la synagogue ne voulait pas les prendre, il n'y avait pas d'autre solution que de faire, spécialement pour elles, des cours à la maison.

Durant toute cette année, Jésus ne quitta guère son établi. Heureusement, il avait beaucoup de travail et l'exécutait d'une manière tellement supérieure qu'il ne chômait jamais, même quand il y avait peu d'ouvrage dans le pays. À certains moments, Jésus avait tant à faire que Jacques l'aidait.

À la fin de cette année, il avait à peu près décidé qu'après avoir élevé les siens et les avoir vus mariés, il entreprendrait son ministère public en tant que maitre de la vérité et révélateur du Père céleste au monde. Il savait qu'il ne deviendrait pas le Messie juif attendu et en conclut qu'il était presque inutile de discuter ces sujets avec sa mère. Il se résigna à lui permettre de chérir toutes les idées qui lui plairaient, puisque tout ce qu'il avait dit dans le passé ne l'avait que peu ou pas touchée ; il se souvenait que son père n'avait jamais pu dire quelque chose qui la fît changer d'idée. À partir de cette année, il parla de moins en moins de ces problèmes à sa mère ou à d'autres personnes. Sa mission était si spéciale que personne au monde ne pouvait lui donner de conseils pour l'accomplir.

Bien que jeune, il était un vrai père pour sa famille. Il passait chacune de ses heures libres avec ses frères et soeurs, et ceux-ci l'aimaient sincèrement. Sa mère se désolait de le voir tant peiner, jour après jour, à l'établi de charpentier pour gagner la vie de la famille, au lieu d'être à Jérusalem, selon les plans que ses parents avaient échafaudés avec tant d'amour, en train d'étudier avec les rabbins. Marie ne pouvait comprendre bien des choses concernant son fils, mais elle l'aimait beaucoup, et ce qu'elle appréciait le plus, c'était la bonne volonté avec laquelle il endossait la responsabilité du foyer.
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# Posté le samedi 09 février 2008 16:15

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:56

**n°25**LA DIX-NEUVIÈME ANNÉE...suite...

    **n°25**LA DIX-NEUVIÈME ANNÉE...suite...
LA DIX-NEUVIÈME ANNÉE (AN 13)

Dès cette époque, Jésus et Marie s'entendirent beaucoup mieux. Elle le considérait moins comme un fils ; il était plutôt devenu pour elle un père pour ses enfants. La vie quotidienne fourmillait de difficultés pratiques et immédiates. Ils parlaient moins fréquemment de l'oeuvre de sa vie, car, avec le temps, toutes leurs pensées étaient mutuellement consacrées à l'entretien et à l'éducation de leur famille de quatre garçons et trois filles.

Dès le début de cette année, Jésus avait complètement gagné sa mère à ses méthodes d'éducation pour les enfants — l'injonction positive de bien faire au lieu de l'ancienne méthode juive interdisant de mal faire. Chez lui et durant sa carrière d'enseignement public, Jésus se servit invariablement de la forme positive d'exhortation. Toujours et partout, il disait : “ Vous ferez ceci, vous devriez faire cela. ” Jamais il n'employait le mode négatif d'enseignement dérivé des anciens tabous. Il s'abstenait de donner de l'importance au mal en l'interdisant, tandis qu'il prônait le bien en ordonnant de l'accomplir. Dans ce foyer, le moment de la prière était l'occasion de discuter de tout ce qui concernait le bien-être de la famille.

Jésus commença à discipliner sagement ses frères et soeurs à un âge si tendre qu'il n'eut jamais besoin de les punir beaucoup pour assurer leur prompte et sincère obéissance. La seule exception était Jude envers qui, en différentes circonstances, Jésus jugea nécessaire de prendre des sanctions pour ses infractions aux règles de la maison. En trois occasions où il estima opportun de punir Jude pour avoir délibérément violé les règles de conduite de la famille et l'avoir avoué, son châtiment fut fixé par une décision unanime des enfants les plus âgés, et approuvé par Jude lui-même avant de lui être infligé.

lors que Jésus était très méthodique et systématique en tout ce qu'il faisait, il y avait aussi, dans toutes ses décisions administratives, une reposante souplesse d'interprétation et une adaptation individuelle qui impressionnait tous les enfants par l'esprit de justice qui animait leur frère-père. Il ne châtiait jamais arbitrairement ses frères et soeurs. Son impartialité constante et sa considération personnelle rendirent Jésus très cher à toute sa famille.

Jacques et Simon grandirent, essayant d'imiter Jésus en calmant, par la persuasion et la non-résistance leurs camarades belliqueux et parfois coléreux. Ils y parvinrent assez bien, mais, alors que Joseph et Jude acceptaient de tels enseignements à la maison, ils se hâtaient de se défendre quand ils étaient attaqués par leurs camarades ; Jude en particulier violait l'esprit de ces enseignements. Mais la non-résistance n'était pas une règle de la famille. La violation des enseignements personnels ne comportait aucune sanction.

En général, tous les enfants, et surtout les filles, consultaient Jésus à propos de leurs chagrins d'enfants et se confiaient à lui comme à un tendre père.

En grandissant, Jacques devenait un jeune homme bien équilibré et d'humeur égale, mais il n'avait pas autant de tendances spirituelles que Jésus. Il était un bien meilleur étudiant que Joseph. Celui-ci, bien que travailleur consciencieux, était encore moins enclin à la spiritualité ; Joseph était un bucheur, mais n'atteignait pas le niveau intellectuel des autres enfants. Simon était bien intentionné, mais trop rêveur. Il fut lent à s'établir dans la vie et causa beaucoup de soucis à Jésus et à Marie, mais il fut toujours un bon garçon plein de bonnes intentions. Jude était un brandon de discorde. Il avait les idéaux les plus élevés, mais possédait un tempérament instable. Il était tout aussi décidé et dynamique que sa mère, mais celle-ci avait un sens de la mesure et une discrétion qui manquait beaucoup à Jude.

Miriam était une fille bien équilibrée et pondérée, avec une appréciation aiguë des choses nobles et spirituelles. Marthe pensait et agissait lentement, mais elle était une enfant très capable et digne de confiance. La petite Ruth était le rayon de soleil du foyer ; elle parlait une peu inconsidérément, mais avait un coeur des plus sincères. Elle adorait littéralement son grand frère et père, mais on ne la gâtait pas. C'était une très belle enfant, mais pas tout à fait aussi avenante que Miriam, qui était la beauté de la famille, sinon de la ville.

Avec le temps, Jésus contribua beaucoup à modifier et à rendre moins étriqués les enseignements et les pratiques de la famille relatifs à l'observance du sabbat et de beaucoup d'autres rites de la religion. Marie donnait une chaleureuse approbation à tous ces changements. Jésus était alors devenu le chef incontesté de la maison.

Cette année-là, Jude commença à aller à l'école, et Jésus fut obligé de vendre sa harpe pour subvenir à la dépense. Ainsi disparut la dernière de ses distractions. Il aimait beaucoup jouer de la harpe quand il avait le cerveau fatigué et le corps las, mais il se consola à la pensée qu'au moins la harpe ne serait pas saisie par le collecteur d'impôts.

RÉBECCA, LA FILLE D'EZRA

Bien que Jésus fût pauvre, sa situation sociale à Nazareth n'était aucunement compromise. Il était un des premiers jeunes hommes de la ville et très considéré par la plupart des jeunes femmes. Puisque Jésus était un si merveilleux exemple de vigueur physique et intellectuelle masculine, et vu sa réputation comme guide spirituel, il n'était pas étrange que Rébecca, la fille ainée d'Ezra, un riche marchand et négociant de Nazareth, découvrît qu'elle devenait lentement amoureuse de ce fils de Joseph. Elle confia d'abord son attachement à Miriam, la soeur de Jésus, et Miriam à son tour en discuta avec sa mère. Marie fut bouleversée. Était-elle sur le point de perdre son fils, devenu à présent le chef indispensable de la famille ? Les difficultés ne cesseraient-elles jamais ? Que pourrait-il arriver ensuite ? Alors, elle s'arrêta pour méditer sur l'effet qu'aurait le mariage sur la carrière future de Jésus. À de rares intervalles, elle se souvenait que Jésus était un “ enfant de la promesse ”. Après avoir discuté de cette question, Miriam et Marie décidèrent de faire un effort pour mettre fin à la chose avant que Jésus ne l'apprît, en allant directement trouver Rébecca pour lui expliquer toute l'histoire et l'informer honnêtement de leur croyance que Jésus était un fils de la destinée et qu'il allait devenir un grand guide religieux, peut-être le Messie.

Rébecca écouta attentivement ; elle fut fascinée par le récit et décidée plus que jamais à partager le sort de l'homme de son choix et à partager sa carrière de chef. Elle plaida (en son for intérieur) qu'un tel homme aurait d'autant plus besoin d'une femme fidèle et capable. Elle interpréta les efforts de Marie pour la dissuader comme une réaction naturelle à sa crainte de perdre le chef et seul soutien de sa famille ; mais, sachant que son père approuvait son attirance pour le fils du charpentier, elle escomptait à juste titre qu'il serait heureux de donner à la famille un revenu suffisant pour compenser amplement la perte du salaire de Jésus. Quand son père eut accepté ce plan, Rébecca eut d'autres entretiens avec Marie et Miriam. N'ayant pas réussi à obtenir leur concours, elle s'enhardit à aller directement trouver Jésus. Elle le fit avec l'aide de son père, qui invita Jésus chez eux pour le dix-septième anniversaire de Rébecca.

Jésus écouta attentivement et avec sympathie tout ce récit, d'abord par le père de Rébecca, puis par Rébecca elle-même. Il répondit avec bonté qu'aucune somme d'argent ne pouvait remplacer son obligation personnelle d'élever la famille de son père, de “ remplir le plus sacré de tous les devoirs humains — la fidélité à sa propre chair et à son propre sang ”. Le père de Rébecca fut profondément touché par les paroles de dévotion familiale de Jésus et se retira de l'entretien. Son unique remarque à sa femme Marie fut : “ Nous ne pouvons l'avoir pour fils ; il est trop noble pour nous. ”

Alors commença l'entretien mémorable avec Rébecca. Jusque-là, Jésus avait fait peu de distinction dans ses relations avec garçons et filles, avec jeunes hommes et jeunes femmes. Son mental avait été trop entièrement absorbé par les problèmes pressants des affaires pratiques de ce monde et trop intrigué par la considération de sa carrière éventuelle “ concernant les affaires de son Père ” pour avoir jamais envisagé sérieusement la consommation de l'amour personnel dans le mariage humain. Mais, à présent, il se trouvait en face d'un autre problème que chaque mortel ordinaire doit affronter et résoudre. Vraiment il fut “ éprouvé de toutes les manières comme vous l'êtes vous-mêmes” .

Après avoir écouté attentivement, il remercia sincèrement Rébecca pour l'admiration qu'elle lui exprimait et ajouta : “ Cela m'encouragera et me réconfortera tous les jours de ma vie. ” Il expliqua qu'il n'était pas libre d'avoir, avec une femme, d'autres relations que celle de simple considération fraternelle et de pure amitié. Il précisa que son premier et plus important devoir était d'élever la famille de son père, qu'il ne pouvait envisager de mariage avant que cela fût accompli ; et alors il ajouta : “ Si je suis un fils de la destinée, je ne dois pas assumer d'obligations pour la durée de la vie avant que ma destinée soit rendue manifeste. ”

Rébecca eut le coeur brisé. Elle refusa d'être consolée et harcela son père pour quitter Nazareth jusqu'à ce qu'il consentît finalement à s'installer à Sepphoris. Au cours des années suivantes, Rébecca répondit toujours, aux nombreux hommes qui la demandèrent en mariage, qu'elle vivait dans un seul but — attendre l'heure où celui qui était pour elle le plus grand homme qui ait jamais vécu, commencerait sa carrière de maitre enseignant la vérité vivante. Elle le suivit avec dévotion à travers les années mouvementées de son ministère public. Elle était présente (inaperçue de Jésus) le jour où il entra triomphalement à Jérusalem, et elle était debout “ parmi les autres femmes ” à côté de Marie, ce tragique et fatal après-midi où le Fils de l'Homme fut suspendu à la croix. Pour elle aussi bien que pour d'innombrables mondes d'en haut, il était “ le seul entièrement digne d'être aimé et le plus grand parmi dix-mille ”.

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# Posté le samedi 09 février 2008 16:29

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:55

**n°26**SA VINGTIÈME ANNÉE ...suite....

    **n°26**SA VINGTIÈME ANNÉE ...suite....
SA VINGTIÈME ANNÉE (AN 14)

L'histoire de l'amour de Rébecca pour Jésus se répandit à Nazareth et plus tard à Capharnaüm. De la sorte, et bien qu'au cours des années qui suivirent, beaucoup de femmes se fussent mises à aimer Jésus tout comme les hommes l'aimaient, il n'eut jamais plus à refuser l'offre personnelle de la dévotion d'une autre femme de bien. À partir de ce moment, l'affection humaine pour Jésus participa davantage de la nature d'une considération respectueuse et adoratrice. Hommes et femmes l'aimaient avec dévotion pour ce qu'il était, sans la moindre teinte de satisfaction égoïste et sans désir de possession affective. Mais, pendant de nombreuses années, chaque fois que l'on racontait l'histoire de la personnalité humaine de Jésus, on mentionnait la dévotion de Rébecca.

Miriam, qui connaissait bien la passion de Rébecca et savait comment son frère avait renoncé même à l'amour d'une belle jeune fille (sans réaliser le rôle que jouait dans cette décision, sa carrière prédestinée), en vint à idéaliser Jésus et à l'aimer d'une touchante et profonde affection, filiale autant que fraternelle.

Bien qu'ils n'en eussent guère les moyens, Jésus avait un étrange désir d'aller à Jérusalem pour la Pâque. Connaissant sa récente expérience avec Rébecca, sa mère l'encouragea sagement à faire le voyage. Sans en être tout à fait conscient, Jésus désirait surtout avoir une occasion de parler à Lazare et de rencontrer Marthe et Marie. Après sa propre famille, c'était eux trois qu'il préférait.

En faisant ce voyage à Jérusalem, il alla par la route de Méguiddo, Antipatris et Lydda, parcourant, en partie, la route suivie lorsqu'il avait été ramené à Nazareth, à son retour d'Égypte. Il mit quatre jours pour aller à la Pâque et réfléchit beaucoup aux évènements passés qui avaient eu lieu à Méguiddo et aux alentours, champ de bataille international de la Palestine.

Jésus traversa Jérusalem, ne s'arrêtant que pour regarder le temple et la cohue des visiteurs. Il avait une étrange et croissante aversion pour ce temple construit par Hérode et sa prêtrise choisie pour des raisons politiques. Par-dessus tout, il désirait voir Lazare, Marthe et Marie. Lazare avait le même âge que Jésus et il était à présent chef de famille ; au moment de cette visite, la mère de Lazare avait également été inhumée. Marthe était d'un peu plus d'un an l'ainée de Jésus, tandis que Marie était de deux ans plus jeune. Jésus était l'idéal que tous trois idolâtraient.

Au cours de cette visite, eut lieu l'une des manifestations périodiques de révolte de Jésus contre la tradition — l'expression d'un ressentiment contre les pratiques cérémonielles qu'il considérait comme donnant une fausse idée de son Père céleste. Ignorant que Jésus allait venir, Lazare s'était arrangé pour célébrer la Pâque avec des amis dans un village voisin, plus bas sur la route de Jéricho. Voici que maintenant Jésus proposait de célébrer la fête là où ils étaient, dans la maison de Lazare. “ Mais ”, dit Lazare, “ nous n'avons pas d'agneau pascal ”. C'est alors que Jésus entama une dissertation prolongée et convaincante pour montrer que le Père céleste ne s'intéressait pas véritablement à ces rituels enfantins et vides de sens. Après une prière fervente et solennelle, ils se levèrent et Jésus dit : “ Laissez les gens de mon peuple au mental puéril et ignorant servir leur Dieu conformément aux ordres de Moïse ; il vaut mieux qu'ils le fassent, mais nous, qui avons vu la lumière de la vie, cessons d'approcher notre Père par les ténèbres de la mort. Soyons libres, instruits de la vérité de l'amour éternel de notre Père. ”

Ce soir-là, au crépuscule, tous quatre s'assirent et participèrent à la première fête de la Pâque qui eût jamais été célébrée sans agneau pascal par des Juifs pieux. Le pain sans levain et le vin avaient été préparés pour cette Pâque, et Jésus servit à ses compagnons ces mets symboliques qu'il appelait “ le pain de vie ” et “ l'eau vivante ”. Ils mangèrent en se conformant solennellement aux enseignements qui venaient d'être donnés. Jésus prit l'habitude de pratiquer ce rite sacramentel lors de chacune de ses visites ultérieures à Béthanie. Quand il revint chez lui, il raconta tout cela à sa mère. Au premier abord, elle fut choquée, mais peu à peu elle en vint à partager son point de vue ; néanmoins, elle fut très soulagée quand Jésus l'assura qu'il n'avait pas l'intention d'introduire dans leur famille cette nouvelle conception de la Pâque. À la maison, avec les enfants, il continua, d'année en année, à manger la Pâque “ selon la loi de Moïse ”.

Ce fut durant cette année que Marie eut une longue conversation avec Jésus au sujet du mariage. Elle lui demanda franchement s'il se marierait au cas où il serait dégagé de ses responsabilités familiales. Jésus lui expliqua que le devoir immédiat lui interdisait le mariage, et qu'il y avait donc peu pensé. Il s'exprima comme s'il doutait qu'il dût jamais entrer dans les liens du mariage ; il dit que toutes ces choses devaient attendre “ mon heure ”, le moment où “ le travail de mon Père devra commencer ”. Ayant déjà mentalement décidé qu'il ne devait pas engendrer d'enfants charnels, il se préoccupait très peu de la question du mariage humain.

Cette année-là, il reprit la tâche de fusionner davantage sa nature mortelle et sa nature divine en une simple et efficace individualité humaine. Son statut moral et sa compréhension spirituelle continuèrent à croitre.

Bien que tous leurs immeubles de Nazareth (excepté leur maison) fussent liquidés, ils reçurent, cette année-là, une petite aide financière par la vente d'une participation dans une propriété à Capharnaüm. C'était le dernier de tous les biens immobiliers de Joseph. Cette affaire immobilière fut conclue avec un constructeur de bateaux nommé Zébédée.

Joseph fut reçu, cette année-là, aux examens de l'école de la synagogue et se prépara à travailler au petit établi de l'atelier de charpentier de leur domicile. Quoique l'héritage de leur père fût épuisé, il y avait des chances pour qu'ils triomphent de la pauvreté puisque trois d'entre eux fournissaient maintenant un travail régulier.

Jésus devient rapidement un homme, non pas simplement un jeune homme, mais un adulte. Il a bien appris à porter des responsabilités. Il sait persévérer en présence des déceptions. Il fait bravement front quand ses plans sont contrecarrés et ses projets temporairement déjoués. Il a appris à être équitable et juste même en face de l'injustice. Il est en voie d'apprendre à ajuster ses idéaux de vie spirituelle aux exigences pratiques de l'existence terrestre, d'apprendre à faire des plans pour atteindre un but idéaliste supérieur et lointain, tout en peinant durement dans le but de satisfaire les nécessités plus proches et plus immédiates. Il acquiert progressivement l'art d'adapter ses aspirations aux exigences banales de la vie des humains. Il a presque maitrisé la technique d'utiliser l'énergie de l'impulsion spirituelle pour faire fonctionner le mécanisme des réalisations matérielles. Il apprend lentement à vivre la vie céleste tout en poursuivant son existence terrestre. De plus en plus, il dépend des directives ultimes de son Père céleste, tout en assumant le rôle paternel de guider et d'orienter les enfants de sa famille terrestre. Il devient expert en l'art d'arracher la victoire à l'emprise même de la défaite. Il apprend à transformer les difficultés du temps en triomphes de l'éternité.

Ainsi, avec l'écoulement des années, ce jeune homme de Nazareth continue à faire l'expérience de la vie telle qu'elle est vécue dans la chair mortelle sur les mondes du temps et de l'espace. Il vit sur Urantia une vie complète, représentative et bien remplie. Il quitta ce monde avec une mûre expérience des épreuves que ses créatures traversent pendant les rudes et courtes années de leur première vie, la vie incarnée. Et toute cette expérience humaine est la propriété éternelle du Souverain de l'Univers. Il est notre frère compréhensif, notre ami compatissant, notre souverain expérimenté et notre père miséricordieux.

Comme enfant, il accumula un vaste ensemble de connaissances. Comme jeune homme, il tria, classifia et coordonna ces informations. Maintenant comme homme du royaume, il commence à organiser ces acquisitions mentales préalablement à leur emploi dans son enseignement futur, dans son ministère et dans son service pour ses compagnons humains sur cette planète et sur toutes les autres sphères habitées dans tout l'univers de Nébadon.

Venu au monde comme n'importe quel nouveau-né du royaume, il a vécu sa vie d'enfant et traversé les étapes successives de la jeunesse et de l'adolescence. Il se trouve maintenant au seuil de sa pleine maturité, riche de l'expérience de la vie humaine, ayant parachevé la compréhension de la nature humaine et restant plein de compassion pour les faiblesses de cette nature humaine. Il est en voie de devenir expert dans l'art divin de révéler son Père Paradisiaque aux créatures mortelles de tous âges et de tous niveaux d'évolution.

Désormais, en tant qu'homme fait, en tant qu'adulte du royaume, il se prépare à poursuivre sa mission suprême de révéler Dieu aux hommes et de conduire les hommes à Dieu
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# Posté le samedi 09 février 2008 16:32

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:55

**n°27**La Vie de Jeune Homme de Jésus...suite...

    **n°27**La Vie de Jeune Homme de Jésus...suite...
Lorsque Jésus de Nazareth entra dans les premières années de sa vie d'adulte, il avait vécu et continuait à vivre une vie humaine normale et ordinaire sur terre. Jésus vint en ce monde exactement comme les autres enfants, il ne contribua en rien à sélectionner ses parents. Il avait bien choisi Urantia comme planète pour effectuer sa septième et dernière effusion, son incarnation dans la similitude de la chair mortelle, mais, cela mis à part, il vint au monde d'une façon naturelle, grandissant comme un enfant du royaume et luttant contre les vicissitudes de son entourage tout comme le font les autres mortels sur ce monde et les mondes similaires.

Il y a lieu de garder toujours présent en mémoire que l'effusion de Micaël sur Urantia avait un double but :

Maitriser l'expérience de vivre la vie complète d'une créature humaine dans la chair mortelle pour parachever sa souveraineté dans Nébadon.

Révéler le Père Universel aux habitants mortels des mondes du temps et de l'espace, et amener plus efficacement ces mêmes mortels à mieux comprendre le Père Universel.

Tous les autres bienfaits envers les créatures, et les avantages universels de son effusion mortelle, étaient fortuits et secondaires par rapport à ces buts majeurs.

LA VINGT ET UNIÈME ANNÉE (AN 15)

En atteignant l'âge adulte, Jésus entreprit sérieusement et en pleine conscience de soi de parachever expérientiellement sa connaissance de la vie des formes les plus humbles de ses créatures intelligentes ; il acquerrait ainsi définitivement et pleinement le droit de gouverner sans réserve l'univers qu'il avait lui-même créé. Il aborda cette tâche prodigieuse en pleine connaissance de sa double nature, mais il avait déjà efficacement conjugué ces deux natures en une seule — Jésus de Nazareth.

Joshua ben Joseph savait très bien qu'il était un homme, un mortel né d'une femme. Cela ressort du choix de sa première appellation, le Fils de l'Homme. Il partageait vraiment notre nature de chair et de sang. Et même maintenant qu'il préside avec une autorité souveraine aux destinées d'un univers, il porte encore, parmi ses nombreux titres bien gagnés, celui de Fils de l'Homme. Il est littéralement vrai que le Verbe créateur — le Fils Créateur — du Père Universel fut “ fait chair et habita Urantia comme un homme du royaume ”. Il travaillait, se fatiguait, se reposait et dormait. Il eut faim et satisfit son appétit avec des aliments ; il eut soif et étancha sa soif avec de l'eau. Il expérimenta toute la gamme des sentiments et des émotions humaines ; il fut “ éprouvé en toutes choses comme vous l'êtes vous-mêmes ” ; il souffrit et mourut.

Il obtint des connaissances, acquit de l'expérience et les conjugua en sagesse, tout comme le font d'autres mortels du royaume. Jusqu'après son baptème, il n'usa d'aucun pouvoir surnaturel. Il n'employa aucune faculté autre que celles dont il était doué en tant que fils de Joseph et de Marie.

Quant aux attributs de son existence préhumaine, il s'en dépouilla. Avant le début de son ministère public, il s'imposa, entièrement de son propre gré, de connaître les hommes et les choses par des moyens humains. Il était véritablement un homme parmi les hommes.

Les paroles suivantes sont à jamais et glorieusement vraies : “ Nous avons un grand chef qui peut être touché par le sentiment de nos faiblesses. Nous avons un Souverain qui fut, à tous égards, éprouvé et tenté comme nous le sommes, sans toutefois pécher. ” Puisqu'il a lui-même souffert, ayant été éprouvé et tenté, il est éminemment apte à comprendre et à aider les égarés et les affligés.

Le charpentier de Nazareth comprenait maintenant pleinement le travail qui l'attendait, mais il choisit de laisser sa vie humaine suivre son cours naturel. En certaines de ces matières, il est vraiment un exemple pour ses créatures humaines. Comme les Écritures le rappellent : “ Ayez en vous le mental qui était dans le Christ Jésus lequel, étant de la nature de Dieu, ne trouvait pas étrange d'être égal à Dieu. Cependant, il se donna peu d'importance et, revêtant la forme d'une créature, il naquit dans la similitude des hommes. Ayant été ainsi façonné comme un homme, il s'humilia et devint obéissant jusqu'à la mort, même à la mort sur la croix. ”

Il vécut sa vie de mortel exactement comme tous les membres de la famille humaine peuvent vivre la leur, “ lui qui, dans les jours de son incarnation, adressa si souvent des prières et des supplications, avec une grande émotion et des larmes, à Celui qui est capable de sauver de tout mal ; et ses prières furent efficaces, parce qu'il croyait ”. C'est pourquoi il lui fallait à tous égards être rendu semblable à ses frères, de sorte qu'il devienne pour eux un souverain miséricordieux et compréhensif.

Il ne douta jamais de sa nature humaine ; c'était l'évidence même, et il en avait toujours conscience. Quant à sa nature divine, il y avait toujours place pour le doute et les hypothèses ; tout au moins cela resta vrai jusqu'à l'évènement survenu lors de son baptème. L'autoconscience de sa divinité fut une lente révélation et, du point de vue humain, une révélation évoluant naturellement. Cette révélation et cette auto-conscience de sa divinité commencèrent à Jérusalem, alors que Jésus n'avait pas tout à fait treize ans, avec le premier évènement surnaturel de son existence humaine. L'expérience de la réalisation de cette autoconscience de sa nature divine se paracheva à l'époque de sa seconde expérience surnaturelle pendant son incarnation. Cet évènement qui accompagna son baptème par Jean dans le Jourdain, évènement qui marqua le commencement de sa carrière publique de service et d'enseignement.

Entre les deux visitations célestes, l'une à sa treizième année et l'autre à son baptème, il ne se passa rien de surnaturel ni de suprahumain dans la vie de ce Fils Créateur incarné. Malgré cela, l'enfant de Bethléem, le jeune garçon, le jeune homme et l'homme de Nazareth étaient en réalité le Créateur incarné d'un univers ; mais pas une fois, au cours de sa vie humaine avant le jour où Jean le baptisa, il n'usa, si peu que ce soit, de ce pouvoir ni ne suivit les directives de personnalités célestes, sauf celles de son ange gardien. Nous, qui en témoignons, nous savons de quoi nous parlons.

Cependant durant toutes ces années de vie incarnée, il était vraiment divin. Il était effectivement un Fils Créateur du Père du Paradis. Une fois qu'il eut embrassé sa carrière publique, après avoir techniquement parachevé l'expérience purement mortelle lui permettant d'acquérir sa souveraineté, il n'hésita pas à admettre publiquement qu'il était le Fils de Dieu. Il proclama sans hésitation : “ Je suis l'Alpha et l'Omega, le commencement et la fin, le premier et le dernier. ” Dans les années qui suivirent, il ne protesta pas quand on l'appelait Seigneur de Gloire, Souverain d'un Univers, le Seigneur Dieu de toute la création, le Saint d'Israël, le Seigneur de tout et de tous, notre Seigneur et notre Dieu, Dieu avec nous, Celui qui a un nom au-dessus de tous les noms et sur tous les mondes, l'Omnipotence d'un univers, le Mental Universel de cette création, l'Unique en qui sont cachés tous les trésors de sagesse et de connaissance, la plénitude de Celui qui remplit toutes choses, l'éternel Verbe du Dieu éternel, Celui qui était avant toutes choses et en qui toutes choses subsistent, le Créateur des cieux et de la terre, le Soutien d'un univers, le Juge de toute la terre, le Donateur de la vie éternelle, le Vrai Berger, le Libérateur des mondes et Celui qui nous conduit à notre salut.

Il ne fit d'objection à aucun de ces titres quand ils lui furent appliqués après qu'il eut émergé de sa vie purement humaine pour entrer dans les années d'adulte, où il avait conscience de son ministère de divinité dans l'humanité, pour l'humanité et par rapport à l'humanité, dans ce monde et pour tous les autres mondes. Jésus ne protesta que contre une seule appellation : quand, une fois, on le dénomma Emmanuel, il répondit simplement : “ Je ne suis pas Emmanuel, il est mon frère ainé. ”

Toujours et même après que les horizons de sa vie terrestre se furent élargis, Jésus resta humblement soumis à la volonté du Père qui est aux cieux.

Après son baptème, il ne vit aucun inconvénient à permettre à ceux qui croyaient sincèrement en lui et à ceux qui le suivaient avec gratitude, de l'adorer. Même quand il luttait contre la pauvreté et travaillait de ses mains pour subvenir aux besoins vitaux de sa famille, il prenait de plus en plus conscience d'être un Fils de Dieu ; il savait qu'il était le créateur des cieux et de cette terre même sur laquelle il vivait maintenant son existence humaine. Dans tout le vaste univers qui l'observait, les légions d'êtres célestes savaient également que cet homme de Nazareth était leur Souverain bien-aimé et Créateur-père. Durant toutes ces années, l'univers de Nébadon vécut dans une profonde expectative. Tous les regards célestes convergeaient continuellement sur Urantia — sur la Palestine.

Cette année-là, Jésus se rendit à Jérusalem avec Joseph pour célébrer la Pâque. Ayant déjà emmené Jacques au temple pour la consécration, il estimait de son devoir d'y conduire aussi Joseph. Jésus ne témoignait jamais d'aucune partialité dans ses rapports avec sa famille. Il alla avec Joseph à Jérusalem par la route habituelle de la vallée du Jourdain, mais revint à Nazareth par la route qui traverse Amathus à l'est du Jourdain. En descendant le Jourdain, Jésus raconta à Joseph l'histoire des Juifs ; pendant le voyage de retour il lui parla des aventures des légendaires tribus de Ruben, Gad et Giléad qui, suivant la tradition, habitaient ces régions à l'est du fleuve.

Joseph posa à Jésus de multiples questions tendancieuses concernant sa mission, mais, à la plupart d'entre elles, Jésus se borna à répondre : “ Mon heure n'est pas encore venue ”. Au cours de ces entretiens intimes, Jésus laissa cependant échapper beaucoup de paroles dont Joseph se souvint pendant les évènements émouvants des années suivantes. Accompagné de Joseph, Jésus passa la Pâque avec ses trois amis de Béthanie, selon son habitude quand il était à Jérusalem pour assister à ces fêtes commémoratives.

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# Posté le samedi 09 février 2008 16:37

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:55

**n°28**LA VINGT-DEUXIÈME ANNÉE..suite...

    **n°28**LA VINGT-DEUXIÈME ANNÉE..suite...
LA VINGT-DEUXIÈME ANNÉE (AN 16)

Ce fut une des années durant lesquelles les frères et soeurs de Jésus affrontèrent les épreuves et tribulations propres aux problèmes et aux réadaptations de l'adolescence. Jésus avait maintenant des frères et soeurs d'âge échelonné entre sept et dix-huit ans, et avait fort à faire pour les aider à s'adapter aux nouveaux éveils de leur vie intellectuelle et émotionnelle. Il dut ainsi s'attaquer aux problèmes de l'adolescence à mesure qu'ils se présentaient dans la vie de ses jeunes frères et soeurs.

Cette année-là, Simon sortit diplômé de l'école et commença à travailler avec le tailleur de pierre Jacob, l'ancien compagnon de jeux et fidèle défenseur de Jésus. À la suite de plusieurs entretiens familiaux, on estima inopportun que tous les garçons deviennent charpentiers. On pensait que, s'ils adoptaient des métiers différents, ils seraient en mesure d'accepter des contrats pour construire entièrement des édifices. De plus, ils avaient subi des périodes de chômage depuis que trois d'entre eux travaillaient à temps complet comme charpentiers.

Durant cette année, Jésus continua à faire des travaux de finition de maisons et d'ébénisterie, mais il passa la majeure partie de son temps à l'atelier de réparation du caravansérail. Jacques commençait à alterner avec lui au service de l'atelier. À la fin de l'année, quand le travail de charpentier vint à manquer à Nazareth, Jésus laissa en charge à Jacques l'atelier de réparations et à Joseph l'établi familial, tandis que lui-même allait à Sepphoris chez un forgeron. Il travailla les métaux pendant six mois et acquit à l'enclume une habileté considérable.

Avant de prendre son nouvel emploi à Sepphoris, Jésus tint une de ses conférences familiales périodiques et installa solennellement Jacques, qui venait d'avoir dix-huit ans, comme chef de famille suppléant. Il promit à son frère un appui chaleureux et une entière coopération ; il exigea de la part de chaque membre de la famille la promesse formelle d'obéir à Jacques. À partir de ce jour, Jacques assuma l'entière responsabilité financière du foyer, où Jésus apportait à son frère sa contribution hebdomadaire. Jamais plus Jésus ne reprit les rênes des mains de Jacques. Pendant qu'il travaillait à Sepphoris, il aurait pu, en cas de besoin, rentrer chaque soir à la maison, mais il resta éloigné à dessein, alléguant le temps et d'autres raisons, mais son vrai motif était d'habituer Jacques et Joseph à porter la responsabilité du foyer. Il avait commencé le lent processus de détacher de lui sa famille. Jésus revenait à Nazareth à chaque sabbat, et quelquefois aussi pendant la semaine quand l'occasion l'exigeait, pour observer le fonctionnement du nouveau plan, donner des conseils et apporter d'utiles suggestions.

Le fait de vivre la plupart du temps à Sepphoris pendant six mois offrit à Jésus une nouvelle occasion de mieux connaître le point de vue des Gentils sur la vie. Il travailla avec eux, vécut avec eux et, de toutes les manières possibles, étudia de près et soigneusement leurs habitudes de vie et leur mentalité.

Le niveau moral de cette ville où résidait Hérode Antipas était tellement inférieur, même à celui de Nazareth, carrefour des caravanes, qu'après six mois de séjour à Sepphoris, Jésus ne répugna plus à trouver un prétexte pour revenir à Nazareth. Le groupe pour lequel il travaillait allait s'engager dans des travaux publics à la fois à Sepphoris et dans la nouvelle ville de Tibériade, et Jésus était peu disposé à assumer un emploi quelconque sous la supervision d'Hérode Antipas. D'autres raisons militaient encore, dans l'opinion de Jésus, en faveur de son retour à Nazareth. Quand il revint à l'atelier de réparations, il ne reprit pas personnellement la direction des affaires familiales. Il travailla à l'atelier en association avec Jacques et, dans la plus large mesure possible, lui permit de continuer à superviser le foyer. Jacques put ainsi continuer tranquillement la gestion des affaires familiales et l'administration du budget de la maison.

Ce fut par de tels plans sages et réfléchis que Jésus prépara son retrait ultérieur de toute participation active aux affaires familiales. Quand Jacques eut deux années d'expériences comme chef de famille, Joseph fut chargé de gérer les fonds de la maisonnée, et la direction générale du foyer lui fut confiée. Le mariage de Jacques eut lieu deux ans plus tard.

LA VINGT-TROISIÈME ANNÉE (AN 17)

Cette année-là, les embarras financiers de la famille furent un peu moindres, du fait que les ainés étaient quatre à travailler. Miriam faisait de bons profits sur la vente du lait et du beurre ; Marthe était devenue une habile tisseuse. Plus du tiers du prix d'achat de l'atelier de réparations avait été payé. La situation était telle que Jésus s'arrêta de travailler pendant trois semaines afin d'emmener Simon à Jérusalem pour la Pâque. Jamais encore, depuis la mort de son père, il n'avait pu quitter aussi longtemps son labeur quotidien.

Ils se rendirent à Jérusalem par la Décapole et traversèrent Pella, Gérasa, Philadelphie, Hesbon et Jéricho. Ils revinrent à Nazareth par la route côtière ; ils passèrent par Lydda, Joppé, Césarée, contournèrent le mont Carmel et allèrent de là à Nazareth par Ptolémaïs. Ce voyage permit à Jésus de connaître assez bien la Palestine au nord du district de Jérusalem.

À Philadelphie, Jésus et Simon firent la connaissance d'un marchand de Damas qui se prit d'une telle amitié pour les deux frères de Nazareth qu'il les pressa de s'arrêter chez lui au siège de son entreprise à Jérusalem. Pendant que Simon participait au service au temple, Jésus passa beaucoup de temps à causer avec cet homme d'affaires internationales bien éduqué et grand voyageur. Le marchand possédait plus de quatre-mille chameaux de caravanes ; il avait des intérêts dans tout le monde romain, et maintenant il était en route pour Rome. Il proposa à Jésus de venir à Damas pour entrer dans son affaire d'importations d'Orient, mais Jésus expliqua qu'il ne se sentait pas en droit de s'éloigner autant de sa famille pour le moment. Sur le chemin du retour, il pensa beaucoup à ces villes éloignées et aux pays encore plus lointains d'Extrême-Occident et d'Extrême-Orient, pays dont il avait si souvent entendu parler par les voyageurs et conducteurs de caravanes.

Simon fut très heureux de sa visite à Jérusalem. Il fut dument admis à la communauté d'Israël lors de la consécration pascale des nouveaux fils du commandement. Tandis que Simon assistait aux cérémonies de la Pâque, Jésus se mêla à la foule des visiteurs et engagea beaucoup d'entretiens personnels et intéressants avec de nombreux Gentils prosélytes.

Le plus remarquable de ces contacts fut peut-être avec un jeune Grec nommé Étienne. Ce jeune homme venait, pour la première fois, à Jérusalem et rencontra par hasard Jésus le jeudi après-midi de la semaine de la Pâque. Tandis que tous deux se promenaient en visitant le palais d'Asmonée, Jésus entama fortuitement une conversation qui eut pour effet de les attirer l'un vers l'autre et aboutit à quatre heures de discussions sur la manière de vivre et sur le vrai Dieu et son culte. Étienne fut prodigieusement intéressé par ce que Jésus lui dit et n'oublia jamais ses paroles.

Ce fut ce même Étienne qui devint par la suite un croyant aux enseignements de Jésus et dont la témérité, en prêchant cet évangile des premiers temps, eut pour résultat de le faire lapider à mort par des Juifs courroucés. Une partie de l'extraordinaire audace d'Étienne en proclamant son opinion sur le nouvel évangile provenait directement de ce premier entretien avec Jésus. Mais Étienne n'eut jamais le moindre soupçon que le Galiléen auquel il avait parlé, une quinzaine d'années auparavant, était précisément le même homme que, plus tard, il proclama Sauveur du monde et pour lequel il devait si tôt mourir, devenant ainsi le premier martyr de la nouvelle foi chrétienne naissante. Quand Étienne donna sa vie comme prix de son attaque contre le temple juif et contre ses pratiques traditionnelles, un nommé Saul, citoyen de Tarse, se trouvait là. Quand Saul vit comment le Grec pouvait mourir pour sa foi, cela suscita dans son coeur des sentiments qui l'amenèrent finalement à épouser la cause pour laquelle Étienne était mort. Plus tard, Saul devint le dynamique et indomptable Paul, le philosophe, sinon le seul fondateur, de la religion chrétienne.

Le dimanche après la semaine de la Pâque, Simon et Jésus repartirent pour Nazareth. Simon n'oublia jamais ce que Jésus lui apprit au cours de ce voyage. Il avait toujours aimé Jésus, mais maintenant il sentait qu'il commençait à connaître son frère-père. Ils eurent beaucoup de conversations à coeur ouvert pendant qu'ils traversaient le pays et préparaient leurs repas au bord de la route. Ils arrivèrent à la maison le jeudi à midi, et Simon tint sa famille éveillée tard ce soir-là en racontant ses expériences.

Marie fut bouleversée quand Simon lui rapporta que Jésus avait passé la majeure partie de son temps à Jérusalem “ à converser avec les étrangers, spécialement avec ceux des pays lointains ”. La famille de Jésus ne put jamais comprendre le grand intérêt qu'il portait aux gens, son besoin de s'entretenir avec eux, de connaître leur mode de vie et de découvrir ce qu'ils pensaient.

La famille de Nazareth était de plus en plus absorbée par ses problèmes immédiats et humains. On ne faisait pas fréquemment allusion à la future mission de Jésus, et lui-même parlait très rarement de son avenir. Sa mère ne se remémorait pas souvent qu'il était un enfant de la promesse. Elle abandonnait lentement l'idée que Jésus devait remplir sur terre une mission divine. Mais sa foi était ravivée par moments quand elle se rappelait la visitation de Gabriel avant la naissance de l'enfant.


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# Posté le samedi 09 février 2008 16:41

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:55