**n°5**l'enfance de jesus ...suite...

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LA CINQUIÈME ANNÉE (AN 2 AVANT L'ÈRE CHRÉTIENNE)
Un peu plus d'un an après le retour à Nazareth, l'enfant Jésus arriva à l'âge de sa première décision morale personnelle et sincère, sur quoi un Ajusteur de Pensée vint habiter en lui. Ce don du Père Paradisiaque avait autrefois servi avec Machiventa Melchizédek et acquis ainsi l'expérience des opérations relatives à l'incarnation d'un être supramortel vivant dans la similitude de la chair mortelle. Cet évènement survint le 11 février de l'an 2 avant l'ère chrétienne. Jésus ne fut pas plus conscient de la venue du divin Moniteur que ne le sont les millions et les millions d'autres enfants qui, avant et depuis ce jour, ont pareillement reçu des Ajusteurs de Pensée pour habiter leur mental, travailler à l'ultime spiritualisation de ce mental et préparer l'éternelle survie de leur âme immortelle évoluante.

En ce jour de février, prit fin la supervision directe et personnelle des Dirigeants de l'Univers en ce qui concernait l'intégrité de Micaël incarné comme enfant. À partir de ce moment-là et pendant tout le développement humain de son incarnation, la sauvegarde de Jésus devait relever de cet Ajusteur intérieur et des anges gardiens associés, secondés de temps à autre par le ministère de médians désignés pour l'exécution de certaines tâches précises qui leur étaient confiées selon les instructions de leurs supérieurs planétaires.

Jésus eut cinq ans en août de cette année ; c'est pourquoi nous en parlerons comme étant la cinquième de sa vie. En l'an 2 avant l'ère chrétienne, un peu plus d'un mois avant son cinquième anniversaire, Jésus fut très heureux de la venue au monde de sa soeur Miriam, née dans la nuit du 11 juillet. Durant la soirée du lendemain, Jésus eut une longue conversation avec son père au sujet de la façon dont les divers groupes d'êtres vivants viennent au monde en tant qu'individus distincts. La part la plus précieuse de la première éducation de Jésus provint de ses parents, en réponse à ses questions réfléchies et profondes. Joseph ne manqua jamais de faire tout son devoir en prenant la peine et le temps de répondre aux nombreuses questions du garçon. Depuis l'âge de cinq ans jusqu'à l'âge de dix ans, Jésus fut un point d'interrogation continuel. Joseph et Marie ne pouvaient pas toujours répondre à ses questions, mais ils ne manquaient jamais de les discuter à fond et, dans toute la mesure du possible, ils l'assistaient dans ses efforts pour trouver une solution satisfaisante aux problèmes que son mental alerte lui avait suggérés.

Depuis leur retour à Nazareth, ils avaient eu une vie familiale très intense, et Joseph avait été exceptionnellement occupé par la construction de son nouvel atelier et la reprise de ses affaires. Il avait eu tellement de travail qu'il n'avait pas trouvé le temps de fabriquer un berceau pour Jacques, mais il avait remédié à cela bien avant la naissance de Miriam, de sorte qu'elle avait un berceau très confortable dans lequel elle se nichait tandis que la famille l'admirait. C'est de tout coeur que l'enfant Jésus participait à toutes ces expériences naturelles et normales du foyer. Il appréciait beaucoup son petit frère et sa petite soeur, et apporta une aide précieuse à Marie en prenant soin d'eux.

En ce temps-là, dans le monde des Gentils, il y avait peu de foyers capables de donner à un enfant une éducation intellectuelle, morale et religieuse meilleure que celle des foyers juifs de Galilée. Ces Juifs avaient un programme systématique pour l'éducation et l'instruction de leurs enfants. Ils divisaient la vie des enfants en sept stades :

Le nouveau-né jusqu'à son huitième jour.

. Le nourrisson allaité.

L'enfant sevré.

La période où il dépend de la mère, allant jusqu'à la fin de la cinquième année.

Le commencement de l'indépendance de l'enfant et, en ce qui concerne les fils, la prise de responsabilité du père pour assumer leur éducation.

Les garçons et filles adolescents.

Les jeunes hommes et les jeunes femmes.

Chez les Juifs de Galilée, la coutume voulait que les mères portent la responsabilité de l'éducation des enfants jusqu'à leur cinquième anniversaire et, si l'enfant était un garçon, qu'elles passent alors cette responsabilité au père. Cette année-là, Jésus entra donc dans le cinquième stade de la carrière d'un enfant juif galiléen ; c'est pourquoi, le 21 août de l'an 2 avant l'ère chrétienne et selon la coutume, Marie le confia officiellement à Joseph pour la suite de son éducation.

Quoique Joseph dût maintenant assumer directement la responsabilité de l'éducation intellectuelle et religieuse de Jésus, sa mère s'intéressait encore à son éducation familiale. Elle lui apprit à connaître et à soigner les vignes et les fleurs poussant contre les murs qui entouraient complètement le jardin de leur domicile. C'est elle aussi qui garnit la terrasse de la maison (la chambre à coucher d'été) de caisses de sable peu profondes dans lesquelles Jésus dessina des cartes et s'exerça de bonne heure à écrire en araméen, en grec et plus tard en hébreu, car il apprit en son temps à lire, à écrire et à parler couramment les trois langues.

Jésus se révélait être physiquement un enfant presque parfait, et il continuait à se développer d'une façon normale, mentalement et émotionnellement. À la fin de sa cinquième année, il souffrit d'un léger trouble digestif, sa première maladie bénigne.

Bien que Joseph et Marie parlassent souvent de l'avenir de leur fils ainé, si vous aviez été là, vous auriez seulement observé le développement, de son époque et de son milieu, d'un enfant normal, sain, sans soucis, mais extrêmement avide d'apprendre.

# Posté le samedi 09 février 2008 14:37

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:01

**n°6**l'enfance de jesus ..suite..

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LES ÉVÈNEMENTS DE LA SIXIÈME ANNÉE
(L'AN 1 AVANT L'ÈRE CHRÉTIENNE)

Déjà, avec l'aide de sa mère, Jésus parlait couramment le dialecte galiléen de la langue araméenne, et maintenant son père commença à lui enseigner le grec. Marie le parlait peu, mais Joseph parlait couramment le grec et l'araméen. Le manuel pour l'étude de la langue grecque était l'exemplaire des Écritures hébraïques — une version complète de la Loi et des Prophètes, y compris les Psaumes — qui leur avait été offert à leur départ d'Égypte. Dans tout Nazareth, il y avait seulement deux exemplaires complets des Écritures en grec, et la possession de l'un d'eux par la famille du charpentier faisait de la maison de Joseph un lieu très recherché ; cela permit à Jésus, au cours de sa croissance, de rencontrer une procession presque ininterrompue de personnes faisant des études sérieuses ou cherchant sincèrement la vérité. Avant la fin de l'année, Jésus avait assumé la garde de cet inestimable manuscrit, ayant appris, le jour de ses six ans, que le livre sacré lui avait été offert par des amis et parents d'Alexandrie. Très peu de temps après, il pouvait le lire couramment.

Le premier grand choc dans la jeune vie de Jésus survint un peu avant qu'il eût six ans. Il avait semblé au garçon que son père — ou tout au moins son père et sa mère réunis — savaient tout. C'est pourquoi vous pouvez imaginer la surprise de cet enfant questionneur lorsqu'il demanda à son père la cause d'un léger tremblement de terre qui venait de se produire, et qu'il s'entendit répondre par Joseph : “ Mon fils, réellement je ne sais pas. ” Ainsi commença la longue et déconcertante suite de désillusions au cours de laquelle Jésus s'aperçut que ses parents terrestres ne possédaient ni la sagesse infinie ni la science infuse.

La première pensée de Joseph fut de dire que le tremblement de terre avait été causé par Dieu, mais un moment de réflexion l'avertit qu'une telle réponse provoquerait immédiatement des questions ultérieures encore plus embarrassantes. Même dans la prime enfance de Jésus, il était très difficile de répondre à ses questions concernant les phénomènes physiques ou sociaux en lui disant inconsidérément que Dieu, ou bien le diable, en était responsable. Conformément à la croyance prédominante du peuple juif, Jésus était depuis longtemps disposé à accepter la doctrine des bons esprits et des mauvais esprits comme une explication possible des phénomènes mentaux et spirituels ; mais, de très bonne heure, il se mit à douter que ces influences invisibles fussent responsables des évènements physiques du monde naturel.

Avant que Jésus eût six ans, au début de l'été de l'an 1 avant l'ère chrétienne, Zacharie, Élisabeth et leur fils Jean vinrent rendre visite à la famille de Nazareth. Jésus et Jean eurent du bon temps pendant cette visite, la première dans leurs souvenirs. Bien que les visiteurs n'aient pu rester que quelques jours, les parents abordèrent de nombreux sujets, y compris les projets d'avenir pour leurs fils. Tandis qu'ils étaient ainsi occupés, les garçons jouaient avec des blocs dans le sable sur la terrasse de la maison et s'amusaient ensemble de maintes autres manières à la vraie façon des garçons.

Ayant rencontré Jean, qui venait des environs de Jérusalem, Jésus commença à témoigner d'un intérêt extraordinaire pour l'histoire d'Israël et à s'informer avec force détails de la signification des rites du sabbat, des sermons de la synagogue et des fêtes commémoratives périodiques. Son père lui expliqua le sens de tous ces anniversaires. La première fête qui se célébrait au milieu de l'hiver était celle de l'illumination ; elle durait huit jours ; la première nuit, on allumait une chandelle et, chaque nuit successive, on en allumait une nouvelle. Ceci commémorait la consécration du temple après la restauration du cérémonial de Moïse par Judas Macchabée. Ensuite venait, au début du printemps, la célébration de Pourim, la fête d'Esther et de la délivrance d'Israël par elle. Puis venait la Pâque solennelle que les adultes célébraient à Jérusalem toutes les fois que cela était possible, tandis qu'à la maison les enfants devaient se rappeler que, durant toute la semaine, il ne fallait pas manger de pain au levain. Plus tard venait la fête des premiers fruits, la rentrée de la moisson et enfin, la plus solennelle de toutes les fêtes du nouvel an, le jour des propitiations. Quelques-unes de ces célébrations et observances étaient difficiles à comprendre pour le jeune mental de Jésus, mais il y réfléchissait sérieusement. Il prit alors joyeusement part à la fête des Tabernacles, la saison des vacances annuelles de tous les Juifs, le moment où ils campaient sous des tentes de branchages et s'adonnaient à la gaieté et aux plaisirs.

Durant cette année, Joseph et Marie eurent des difficultés avec Jésus au sujet de ses prières. Il insistait pour parler à son Père céleste comme il aurait parlé à Joseph, son père terrestre. Cette infraction aux moyens plus solennels et plus révérencieux de communication avec la Déité était un peu déconcertante pour ses parents, spécialement pour sa mère, mais on ne pouvait le persuader de changer ; il disait ses prières exactement comme on les lui avait apprises, après quoi il insistait pour avoir “ juste un petit entretien avec mon Père dans les cieux ”.

En juin de cette année, Joseph céda l'atelier de Nazareth à ses frères et commença officiellement son métier d'entrepreneur. Avant la fin de l'année, le revenu de la famille avait plus que triplé. Jamais plus, jusqu'après la mort de Joseph, la famille de Nazareth ne connut les affres de la pauvreté. La famille s'agrandit de plus en plus ; on y dépensa beaucoup d'argent en études et voyages complémentaires, mais le revenu croissant de Joseph restait toujours à la hauteur de l'augmentation des dépenses.

Pendant les quelques années qui suivirent, Joseph fit des travaux considérables à Cana, Bethléem (de Galilée), Magdala, Naïn, Sepphoris, Capharnaüm et Endor, et entreprit beaucoup de constructions à Nazareth même et dans les environs. Comme Jacques devenait assez grand pour aider sa mère dans les soins du ménage et s'occuper des enfants plus jeunes, Jésus fit de fréquents déplacements avec son père dans les villes et villages voisins. Jésus était un observateur pénétrant et acquit beaucoup de connaissances pratiques au cours de ces randonnées hors de chez lui ; il emmagasinait assidument les connaissances concernant l'homme et son mode de vie sur terre.

Cette année-là, Jésus fit de grands progrès pour adapter ses sentiments énergiques et ses impulsions vigoureuses aux exigences de coopération familiale et de discipline du foyer. Marie était une mère aimante, mais assez stricte sur la discipline ; toutefois, sous bien des rapports, c'était Joseph qui exerçait le plus grand contrôle sur Jésus, car il avait l'habitude de s'assoir auprès du garçon et de lui expliquer complètement les raisons réelles et sous-jacentes de la nécessité de discipliner les désirs personnels par respect pour le bonheur et la tranquillité de toute la famille. Quand la situation avait été expliquée à Jésus, il coopérait toujours intelligemment et de bon gré aux souhaits des parents et aux règles familiales.

Quand sa mère n'avait pas besoin de son aide à la maison, Jésus occupait une grande partie de ses loisirs à l'étude des plantes et des fleurs, durant le jour, et à celle des étoiles, le soir. Il montrait une tendance fâcheuse à rester couché sur le dos et à contempler avec émerveillement le ciel étoilé, longtemps après l'heure habituelle du coucher dans la maisonnée si bien ordonnée de Nazareth.

# Posté le samedi 09 février 2008 14:42

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:00

**n°7** l'enfance de jesus..suite....

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LA SEPTIÈME ANNÉE (L'AN 1 DE L'ÈRE CHRÉTIENNE)

Ce fut en vérité une année mouvementée dans la vie de Jésus. Au début de janvier, une grande tempête de neige s'abattit sur la Galilée. La neige tomba sur soixante centimètres d'épaisseur ; ce fut la plus forte chute de neige que Jésus vit durant sa vie, et l'une des plus importantes à Nazareth depuis cent ans.

Les distractions des enfants juifs au temps de Jésus étaient plutôt limitées ; trop souvent les enfants imitaient dans leurs jeux les occupations plus sérieuses de leurs ainés. Ils jouaient beaucoup au mariage et à l'enterrement, cérémonies qu'ils voyaient si fréquemment et qui étaient si spectaculaires. Ils dansaient et chantaient, mais avaient peu de jeux organisés comme ceux qui plaisent tant aux enfants modernes.

En compagnie d'un garçon du voisinage, et plus tard de son frère Jacques, Jésus adorait jouer dans le coin le plus éloigné de l'atelier familial du charpentier, où ils s'amusaient beaucoup avec des copeaux et des blocs de bois. Il était toujours difficile à Jésus de comprendre le mal qu'il y avait à jouer à certains jeux défendus le jour du sabbat, mais il ne manqua jamais de se conformer aux désirs de ses parents. Il avait une aptitude à l'humour et au jeu qui avait peu d'occasions de s'exprimer dans son ambiance et dans sa génération ; mais, jusqu'à l'âge de quatorze ans, la plupart du temps, il était gai et avait le coeur léger.

Marie entretenait un pigeonnier sur le toit de l'étable attenante à la maison. La famille consacrait le produit de la vente des pigeons à un fonds spécial de charité que Jésus administrait, après en avoir déduit la dime qu'il versait au préposé de la synagogue.

Le seul véritable accident de Jésus, jusque-là, fut une chute qu'il fit dans l'escalier de pierre de l'arrière-cour conduisant à la chambre à coucher de la terrasse à couverture de toile. Cela advint en juillet pendant une tempête de sable inattendue venant de l'est. Les vents chauds soulevant des rafales de sable fin soufflaient généralement pendant la saison des pluies, spécialement en mars et avril. Il était extraordinaire de voir une telle tempête en juillet. Lorsqu'elle survint, Jésus jouait comme d'habitude sur la terrasse de la maison, car, durant une grande partie de la saison sèche, c'était la salle de jeux habituelle. En descendant l'escalier, il fut aveuglé par le sable et tomba. Après cet accident, Joseph construisit une rampe des deux côtés de l'escalier.

Il n'y avait aucun moyen de prévenir cet accident. Ce ne fut pas une négligence imputable aux gardiens temporels médians, car un médian primaire et un secondaire avaient été affectés à la surveillance du garçon ; le gardien séraphique non plus n'était pas fautif. Simplement, cela ne pouvait être évité. Mais ce léger accident, survenant pendant que Joseph était à Endor, fit naître une si grande anxiété dans le mental de Marie qu'elle essaya déraisonnablement de garder Jésus tout près d'elle pendant quelques mois.

Les personnalités célestes n'interviennent pas arbitrairement dans les accidents, qui sont des évènements courants de nature physique. Dans les circonstances ordinaires, seuls les médians peuvent agir sur les conditions matérielles pour sauvegarder les personnes, hommes ou femmes, ayant une destinée spéciale, et, même dans des situations spéciales, ils ne peuvent opérer dans ce sens qu'en se conformant aux ordres spécifiques de leurs supérieurs.

Ceci ne fut qu'un des assez nombreux accidents mineurs secondaires qui arrivèrent ultérieurement à ce jeune homme curieux et aventureux. Si vous considérez l'enfance et la jeunesse ordinaire d'un garçon dynamique, vous aurez une assez bonne idée des débuts terrestres de Jésus et vous pourrez à peu près imaginer l'anxiété qu'il causa à ses parents, particulièrement à sa mère.

Joseph, le quatrième enfant de la famille de Nazareth, naquit le mercredi matin 16 mars de l'an 1 de l'ère chrétienne.
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# Posté le samedi 09 février 2008 14:45

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:00

**n°8** l'enfance de jesus..suite...

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LES ANNÉES D'ÉCOLE À NAZARETH

Jésus avait maintenant sept ans, l'âge auquel les enfants juifs sont censés commencer officiellement leur éducation dans les écoles de la synagogue. En conséquence, il débuta en août de cette année-là dans sa vie mouvementée d'écolier à Nazareth. Déjà, le garçon lisait, écrivait et parlait couramment deux langues, l'araméen et le grec. Il lui fallait maintenant se familiariser avec la tâche d'apprendre à lire, écrire et parler la langue hébraïque. Il envisageait réellement avec grand intérêt la nouvelle vie scolaire qui s'ouvrait devant lui.

Pendant trois ans — jusqu'à ce qu'il eût dix ans — il fréquenta l'école primaire de la synagogue de Nazareth. Durant ces trois années, il étudia les rudiments du Livre de la Loi tel qu'il était rédigé en langue hébraïque. Durant les trois années suivantes, il étudia à l'école supérieure et mémorisa, par la méthode de répétition à haute voix, les enseignements les plus profonds de la loi sacrée. Il reçut son diplôme de l'école de la synagogue au cours de sa treizième année et fut rendu à ses parents par les chefs de la synagogue comme “ fils du commandement ” éduqué — désormais citoyen responsable de la communauté d'Israël, ce qui lui imposait d'assister à la Pâque à Jérusalem ; en conséquence, il participa, cette année-là, à sa première Pâque en compagnie de son père et de sa mère.

À Nazareth, les élèves s'asseyaient en demi-cercle sur le sol tandis que leur professeur, le chazan, un préposé de la synagogue, était assis leur faisant face. Commençant par le Livre du Lévitique, ils passaient à l'étude des autres livres de la Loi, suivie par celle des Prophètes et des Psaumes. La synagogue de Nazareth possédait un exemplaire complet des Écritures en hébreu. Avant l'âge de douze ans, on n'étudiait rien d'autre que les Écritures. Pendant les mois d'été, les heures de classe étaient très écourtées.

Jésus devint de bonne heure un maitre en hébreu. En tant que jeune homme, quand aucun visiteur de marque ne séjournait à Nazareth, on lui demandait souvent de lire les Écritures hébraïques aux fidèles assemblés à la synagogue pour les services religieux réguliers du sabbat.

Bien entendu, les écoles de la synagogue n'avaient pas de manuels. Pour enseigner, le chazan formulait un exposé que les élèves répétaient à l'unisson après lui. Quand ils avaient accès aux livres écrits de la Loi, les étudiants apprenaient leurs leçons en lisant à haute voix et en répétant constamment.

En plus de son éducation officielle, Jésus commença à prendre contact avec la nature humaine des quatre parties du monde, du fait que des hommes de nombreux pays allaient et venaient dans l'atelier de réparation de son père. En grandissant, il se mêla librement aux caravanes qui faisaient halte près de la fontaine pour se reposer et se restaurer. Parlant couramment le grec, il n'avait guère de difficulté à converser avec la majorité des voyageurs et conducteurs de caravanes.

Nazareth était une étape sur le chemin des caravanes et un carrefour de voyages. La ville était largement peuplée de Gentils et en même temps bien connue comme centre où l'on interprétait libéralement la loi juive traditionnelle. En Galilée, les Juifs se mêlaient aux Gentils plus franchement qu'il n'était d'usage en Judée. Parmi toutes les villes de Galilée, c'est à Nazareth que les Juifs étaient les plus libéraux dans leur interprétation des restrictions sociales basées sur les craintes de contagion résultant du contact avec les Gentils. Ces conditions avaient donné naissance à une maxime courante à Jérusalem : “ Quelque chose de bon peut-il sortir de Nazareth ? ”

Jésus reçut sa formation morale et sa culture spirituelle principalement à son propre foyer. Il acquit du chazan beaucoup de son éducation intellectuelle et théologique. Quant à son éducation réelle — l'équipement du mental et du coeur pour l'épreuve effective de s'attaquer aux difficiles problèmes de la vie — il l'obtint en se mêlant à ses semblables. Ce fut cette étroite association avec ses compagnons jeunes et vieux, Juifs et Gentils, qui lui fournit l'occasion de connaître la race humaine. Jésus était hautement éduqué, en ce sens qu'il comprenait complètement les hommes et les aimait avec dévotion.

Durant toutes ses années à la synagogue, il fut un étudiant brillant, possédant un grand avantage du fait qu'il connaissait bien trois langues. À l'occasion de la fin des cours de Jésus à l'école, le chazan de Nazareth fit remarquer à Joseph qu'il craignait “ d'avoir appris plus de choses par les questions pénétrantes de Jésus que lui n'avait été capable d'en enseigner au jeune garçon ”.

Pendant tout le cours de ses études, Jésus apprit beaucoup et tira une grande inspiration des sermons réguliers du sabbat à la synagogue. Il était d'usage de demander aux visiteurs de marque, s'arrêtant à Nazareth durant le sabbat, de prendre la parole à la synagogue. En grandissant, Jésus entendit beaucoup de grands penseurs du monde Juif tout entier exposer leurs points de vue, et aussi beaucoup de Juifs peu orthodoxes, car la synagogue de Nazareth était un centre avancé et libéral de la pensée et de la culture hébraïques.

En entrant à l'école à sept ans (à cette époque, les Juifs venaient juste de mettre en vigueur une loi sur l'instruction obligatoire), il était d'usage pour les élèves de choisir leur “ texte d'anniversaire ”, une sorte de règle d'or pour les guider pendant toutes leurs études, et sur lequel ils avaient souvent à disserter lors de leur examen à l'âge de treize ans. Le texte que Jésus avait choisi était tiré du prophète Isaïe : “ L'esprit du Seigneur Dieu est sur moi, parce que le Seigneur m'a oint ; il m'a envoyé pour porter la bonne nouvelle aux débonnaires, pour consoler les affligés, pour proclamer la liberté aux captifs et pour libérer les prisonniers spirituels. ”

Nazareth était l'un des vingt-quatre centres de prêtrise de la nation hébraïque. Le clergé de Galilée était plus libéral que les scribes et les rabbins de Judée dans l'interprétation des lois traditionnelles. Et, à Nazareth, on était également plus libéral en ce qui concernait l'observance du sabbat ; c'est pourquoi Joseph avait coutume d'emmener Jésus en promenade les après-midi de sabbat. Une de leurs excursions favorites consistait à grimper sur la haute colline voisine de leur maison, d'où ils avaient une vue panoramique sur toute la Galilée. Au nord-ouest, par temps clair, on voyait la longue crète du mont Carmel descendant vers la mer. Jésus entendit maintes fois son père raconter l'histoire d'Élie, l'un des premiers de la longue lignée des prophètes hébreux, qui blâma Achab et démasqua les prêtres de Baal. Au nord, le mont Hermon élevait son pic neigeux dans une splendeur majestueuse et monopolisait la ligne d'horizon ; sur presque mille mètres, ses pentes supérieures étincelaient de la blancheur des neiges éternelles. Au loin, à l'orient, on discernait la vallée du Jourdain et, beaucoup plus loin, les collines rocheuses de Moab. Également au sud et à l'est, quand le soleil en éclairait les murs de marbre, on apercevait les villes gréco-romaines de la Décapole avec leurs amphithéâtres et leurs temples prétentieux. Et, quand ils s'attardaient au coucher du soleil, ils pouvaient distinguer, à l'ouest, les bateaux à voiles au loin sur la Méditerranée.

Jésus pouvait observer les convois de caravanes qui poursuivaient leur route dans quatre directions, entrant et sortant de Nazareth ; au sud, il pouvait voir le large et fertile pays de plaine d'Esdraélon s'étendant vers le mont Gilboa et la Samarie.

Quand ils n'escaladaient pas les hauteurs pour regarder le paysage lointain, ils se promenaient à travers la campagne et étudiaient la nature sous ses divers aspects selon les saisons. La plus précoce éducation de Jésus, à part celle du foyer familial, avait consisté à prendre, avec la nature, un contact respectueux et sympathique.

Avant qu'il eût huit ans, il était connu de toutes les mères de famille et jeunes femmes de Nazareth ; elles l'avaient rencontré et avaient causé avec lui à la fontaine proche de chez lui, qui était l'un des centres sociaux de rencontre et de commérage de la ville entière. Cette année-là, Jésus apprit à traire la vache de la famille et à prendre soin des autres animaux. Pendant cette année et l'année suivante, il apprit aussi à faire du fromage et à tisser. Quand il eut dix ans, il était un habile tisserand. C'est vers cette époque que Jésus et son petit voisin Jacob devinrent de grands amis du potier Nathan, qui travaillait près de la source jaillissante ; tandis qu'ils observaient ses droits agiles moulant l'argile sur le tour, tous deux songèrent bien des fois à devenir potiers quand ils seraient grands. Nathan avait beaucoup d'affection pour les deux garçons et leur donnait souvent de la terre glaise pour jouer ; il s'efforçait de stimuler leur imagination créatrice en leur suggérant de rivaliser dans le modelage d'objets et d'animaux divers.


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# Posté le samedi 09 février 2008 14:49

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:00

**n°9** l'enfance de jesus...suite. ....

    **n°9** l'enfance de jesus...suite. ....
SA HUITIÈME ANNÉE (AN 2)

Ce fut une intéressante année d'école. Bien que Jésus ne fût pas un étudiant extraordinaire, il était un élève appliqué et se classait dans le premier tiers de sa classe ; il faisait si bien son travail qu'il était dispensé de présence une semaine par mois. Il passait généralement cette semaine soit avec son oncle pêcheur sur les bords de la mer de Galilée, près de Magdala, soit à la ferme d'un autre de ses oncles (le frère de sa mère) à huit kilomètres au sud de Nazareth.

Bien que sa mère soit devenue exagérément soucieuse de sa santé et de sa sécurité, elle s'habituait peu à peu à ces séjours hors de la maison. Les oncles et les tantes de Jésus l'aimaient beaucoup ; il s'ensuivit parmi eux, au cours de cette année et des quelques années suivantes, une vive compétition pour s'assurer sa compagnie durant les visites mensuelles. La première fois (depuis sa petite enfance) qu'il séjourna une semaine dans la ferme de son oncle fut en janvier de cette année-là ; sa première semaine d'expérience de pêche sur la mer de Galilée eut lieu au mois de mai.

À cette époque, Jésus rencontra un professeur de mathématiques de Damas et, après avoir appris quelques nouvelles techniques arithmétiques, il consacra beaucoup de temps aux mathématiques pendant plusieurs années. Il acquit un sens aigu des nombres, des distances et des proportions.

Jésus commença à beaucoup apprécier son frère Jacques. À la fin de l'année, il avait commencé à lui apprendre l'alphabet.

Cette année-là, Jésus fit des arrangements pour échanger des produits laitiers contre des leçons de harpe. Il avait un gout exceptionnel pour tout ce qui était musical. Plus tard, il contribua beaucoup à encourager la musique vocale parmi ses jeunes camarades. Quand il eut onze ans, il était un harpiste habile et prenait grand plaisir à faire entendre à sa famille et à ses amis ses extraordinaires interprétations et ses belles improvisations.

Tandis que Jésus faisait des progrès remarquables à l'école, tout n'allait pas sans encombre pour ses parents et pour ses maitres. Il persistait à poser quantité de questions embarrassantes concernant à la fois la science et la religion, particulièrement en géographie et en astronomie. Il insistait spécialement pour savoir pourquoi il y avait une saison sèche et une saison des pluies en Palestine. Maintes et maintes fois, il chercha l'explication de la grande différence entre les températures de Nazareth et celles de la vallée du Jourdain. Il ne cessait pour ainsi dire jamais de poser des questions de ce genre, intelligentes, mais embarrassantes.

Son troisième frère Simon naquit le vendredi soir 14 avril de cette année, l'an 2 de l'ère chrétienne.

En février, Nahor, professeur dans une académie rabbinique de Jérusalem, vint à Nazareth pour observer Jésus après avoir accompli une mission similaire chez Zacharie près de Jérusalem. Il vint à Nazareth à l'instigation du père de Jean. Au premier abord, il fut quelque peu choqué par la franchise de Jésus et sa manière peu classique de s'associer aux choses religieuses. Il l'attribua au fait que la Galilée était éloignée des centres hébreux d'instruction et de culture, et conseilla à Joseph et à Marie de lui permettre d'emmener Jésus à Jérusalem où il pourrait bénéficier des avantages de l'éducation et de l'instruction au centre de la culture juive. Marie était à moitié prête à consentir ; elle était convaincue que son fils ainé allait devenir le Messie, le libérateur des Juifs. Joseph hésitait ; il était également persuadé qu'en grandissant Jésus deviendrait un homme de la destinée, mais il était profondément incertain de ce que serait cette destinée. Il ne douta cependant jamais réellement que son fils dût remplir quelque grande mission sur terre. Plus il pensait à l'avis de Nahor, plus il doutait de la sagesse de cette proposition de séjour à Jérusalem.

À cause de cette divergence d'opinion entre Joseph et Marie, Nahor demanda la permission de soumettre toute l'affaire à Jésus. Jésus l'écouta attentivement et en parla à Joseph, à Marie et à un voisin, Jacob le maçon, dont le fils était son camarade de jeu favori. Deux jours plus tard, Jésus exposa qu'il existait une grande divergence d'opinions entre ses parents et ses conseillers, et qu'il ne s'estimait pas qualifié pour prendre la responsabilité d'une telle décision, car il ne se sentait fortement poussé ni dans un sens ni dans l'autre. Dans ces conditions, il avait finalement décidé de “ parler à mon Père qui est au cieux ”. Bien qu'il ne fût pas parfaitement sûr de la réponse, il sentait qu'il devait plutôt rester à la maison “ avec mon père et ma mère ”. Il ajouta : “ Eux qui m'aiment tellement doivent être capables de faire plus pour moi et de me guider plus sûrement que des étrangers qui peuvent seulement voir mon corps et observer mes pensées, mais ne peuvent guère me connaître vraiment. ” Ils furent tous émerveillés, et Nahor s'en retourna à Jérusalem. Et il se passa bien des années avant que fût prise en considération l'idée que Jésus pourrait quitter son foyer.
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# Posté le samedi 09 février 2008 14:53

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 16:00

**n°10** la derniere partie de l'enfance de jesus ....suite....

    **n°10** la derniere partie de l'enfance de jesus ....suite....
La dernière partie de l'Enfance de Jésus


Bien que Jésus eût pu bénéficier de conditions plus favorables à son instruction à Alexandrie qu'en Galilée, il n'y eût pas trouvé la même magnifique ambiance pour résoudre les problèmes de sa propre vie avec un minimum de contrainte éducative, tout en jouissant en même temps du grand avantage du contact constant avec un grand nombre d'hommes et de femmes de toutes classes arrivant de toutes les parties du monde civilisé. S'il était resté à Alexandrie, son éducation aurait été dirigée par des Juifs et suivant une ligne exclusivement juive. À Nazareth, il put recevoir une éducation et reçut un entrainement qui le préparèrent beaucoup mieux à comprendre les Gentils, et qui lui donnèrent une idée meilleure et mieux équilibrée des mérites respectifs des points de vue de la théologie hébraïque orientale (babylonienne) et occidentale (hellénique).

. LA NEUVIÈME ANNÉE DE JÉSUS (AN 3)

On ne saurait dire que Jésus ait jamais été sérieusement malade, mais il contracta, cette année-là, de petites maladies d'enfance en même temps que ses frères et sa petite soeur.

Les classes continuaient ; Jésus était toujours un élève estimé, ayant chaque mois une semaine de liberté, et il continuait à diviser ce temps à peu près également entre les excursions avec son père dans les villes avoisinantes, les séjours à la ferme de son oncle au sud de Nazareth et les parties de pêche au large de Magdala.

Le plus grave incident survenu jusque-là, à l'école, se produisit tard dans l'hiver lorsque Jésus osa défier le chazan, qui enseignait que les images, peintures et dessins étaient tous de nature idolâtre. Jésus avait autant de plaisir à dessiner les paysages qu'à modeler une grande variété d'objets en argile de potier. Tout ce genre de choses était strictement interdit par la loi juive, mais, jusque-là, Jésus était parvenu à surmonter les objections de ses parents, à tel point qu'ils lui avaient permis de poursuivre ces activités.

Il se produisit de nouveaux remous à l'école quand l'un des élèves les plus arriérés découvrit Jésus en train de dessiner, au fusain, un portrait du professeur sur le plancher de la classe. Le portrait était là, clair comme le jour, et plusieurs parmi les anciens l'avaient aperçu avant que le comité n'allât trouver Joseph pour exiger une intervention pour ramener son fils ainé dans le respect de la loi. Bien que ce ne fut pas la première plainte parvenue à Joseph et à Marie concernant les agissements de leur dynamique enfant aux talents variés, c'était la plus sérieuse de toutes les accusations portées, jusque-là, contre lui. Assis sur une grosse pierre, juste à l'extérieur de la porte de derrière, Jésus écouta pendant un moment la condamnation de ses efforts artistiques. Il s'irrita de voir blâmer son père pour ses prétendus méfaits ; il s'avança donc intrépidement jusqu'à ses accusateurs. Les anciens furent plongés dans l'embarras. Quelques-uns furent enclins à prendre l'affaire avec humour, tandis qu'un ou deux autres semblaient penser que le garçon était sacrilège, voire blasphémateur. Joseph était désemparé et Marie indignée, mais Jésus insista pour être entendu. Il eut le droit de parler ; il défendit courageusement son point de vue et, avec une maitrise de soi consommée, il annonça qu'il se conformerait à la décision de son père, en cela comme dans tous les autres cas prêtant à discussion. Sur quoi le comité des anciens partit en silence.

Marie fit pression sur Joseph pour permettre à Jésus de modeler de l'argile à la maison, pourvu qu'il promette de ne poursuivre, à l'école, aucune de ces activités contestables, mais Joseph était porté à poser en règle que l'interprétation rabbinique du second commandement devait prévaloir. En conséquence, Jésus ne dessina ni ne modela plus jamais une forme quelconque tant qu'il vécut chez son père. Pourtant, il ne fut pas convaincu d'avoir mal agi ; mais l'abandon de son passe-temps favori fut l'une des grandes épreuves de sa jeunesse.

À la fin de juin, Jésus en compagnie de son père grimpa, pour la première fois, au sommet du mont Thabor. Le temps était clair et la vue superbe. Ce jeune garçon de neuf ans eut l'impression d'avoir réellement contemplé le monde entier, excepté l'Inde, l'Afrique et Rome.

Marthe, la deuxième soeur de Jésus, naquit la nuit du jeudi 13 septembre. Trois semaines après la naissance de Marthe, Joseph, qui était au foyer pour quelque temps, commença la construction d'un agrandissement de leur maison, un combiné d'atelier et de chambre à coucher. Un petit établi fut construit pour Jésus qui, pour la première fois, posséda des outils en propre. Pendant plusieurs années, il travailla à cet établi à ses moments perdus et devint très habile dans la fabrication des jougs.

Cet hiver-là et le suivant furent les plus froids à Nazareth depuis plusieurs décennies. Jésus avait vu de la neige sur les montagnes ; la neige était tombée plusieurs fois à Nazareth sans rester longtemps sur le sol, mais jamais avant cet hiver Jésus n'avait vu de glace. Le fait que l'eau pouvait être solide, un liquide ou une vapeur — il avait longuement médité sur la vapeur s'échappant des pots d'eau bouillante — donna beaucoup à réfléchir au garçon sur le monde physique et sa constitution, et cependant, pendant tout ce temps, la personnalité incarnée dans cet enfant en pleine croissance était le véritable créateur et organisateur de toutes ces choses à travers tout un vaste univers.

Le climat de Nazareth n'était pas rude. Janvier était le mois le plus froid, avec une température moyenne d'environ 10º C. En juillet et en août, les mois les plus chauds, la température variait entre vingt-quatre et trente-deux degrés. Depuis les montagnes jusqu'au Jourdain et à la vallée de la Mer Morte, le climat de la Palestine s'échelonnait du froid au torride. En un sens, les Juifs étaient donc préparés à vivre à peu près dans n'importe lequel des climats variés du monde.

Même durant les mois d'été les plus chauds, une fraiche brise de mer soufflait habituellement de l'ouest de dix heures du matin à dix heures du soir. Mais, de temps en temps, de terribles vents chauds venant du désert oriental soufflaient sur toute la Palestine. Ces rafales brulantes survenaient généralement en février et mars, vers la fin de la saison des pluies. À cette époque, la pluie tombait de novembre à avril en averses rafraichissantes, mais il ne pleuvait pas d'une façon continue. Il n'y avait que deux saisons en Palestine, l'été et l'hiver, la saison sèche et la saison pluvieuse. En janvier, les fleurs commençaient à s'épanouir et, à la fin d'avril, tout le pays était un vaste jardin fleuri.

En mai de cette année, dans la ferme de son oncle, Jésus aida, pour la première fois, à la moisson des céréales. Avant d'avoir treize ans, il avait réussi à découvrir quelque chose sur pratiquement tous les métiers que les hommes et les femmes pratiquaient autour de Nazareth, à l'exception du travail des métaux, et, plus tard, après la mort de son père, il passa plusieurs mois dans l'atelier d'un forgeron.

Quand le travail et le passage des caravanes se ralentissaient, Jésus faisait avec son père beaucoup de voyages d'agrément ou d'affaires aux villes voisines de Cana, Endor et Naïn. Même étant jeune garçon, il avait fréquemment visité Sepphoris, située seulement à cinq kilomètres au nord-ouest de Nazareth ; depuis quatre ans avant l'ère chrétienne jusqu'à l'an 25 environ, cette ville fut la capitale de la Galilée et l'une des résidences d'Hérode Antipas.

Jésus poursuivait son développement physique, intellectuel, social et spirituel. Ses déplacements hors de la maison contribuèrent beaucoup à lui donner une compréhension meilleure et plus généreuse de sa propre famille ; à cette époque, ses parents eux-mêmes commencèrent à apprendre de lui en même temps qu'ils l'éduquaient. Même dans sa jeunesse, Jésus était un penseur original et un pédagogue habile. Il était en conflit constant avec la prétendue “ loi orale ”, mais cherchait toujours à s'adapter aux pratiques de sa famille. Il s'entendait assez bien avec les enfants de son âge, mais était souvent découragé par leur lenteur de pensée. Avant d'avoir dix ans, il était devenu le chef d'un groupe de sept garçons qui s'étaient réunis en une société pour acquérir les talents de l'âge mur — physiques, intellectuels et religieux. Jésus réussit à introduire, parmi ces garçons, beaucoup de nouveaux jeux et diverses méthodes améliorées de récréation physique.

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# Posté le samedi 09 février 2008 15:05

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 15:59